Geisha : détails... : Ajouté le 23/4/2008 à 09:14 PM
Les geisha vivent dans des quartiers réservés, nommés hanamachi (花街), ce qui signifie « ville fleur ». Les hanamachi les plus célèbres de Kyôto sont Gion (祇園) et Ponto-chô (先斗町).
Elles sont toujours rattachées à une maison de geisha, une okiya (置屋), même si elles n'y vivent pas. Les okiya sont des maisons de femmes où très peu d'hommes sont autorisés à entrer. La structure d'une okiya s'apparente à une structure familiale, où la patronne est appelée okâsan, « mère », et où les geisha plus âgées sont considérées comme les grandes sœurs des jeunes.

Une okiya se transmet par succession. L'une des geisha de la maison est désignée comme l'« héritière » (atotori) : il peut s'agir soit d'une fille naturelle de l'okâsan, soit d'une geisha talentueuse adoptée par la maison. En tant qu'héritière, ses gains se confondent avec ceux de son okiya, et elle est censée devenir la prochaine okâsan.
Les geisha, de nos jours, ont le choix entre deux modes de vie : soit elles vivent dans une okiya, qui leur fournit un logement et des kimonos mais perçoit une partie de leurs gains en échange, soit elles sont indépendantes (jimae) : elles vivent alors dans leur propre logement, et doivent financer elles-mêmes leurs vêtements et leur équipement, mais elles conservent la quasi-totalité de leurs gains. Elles restent cependant rattachées à l'okiya, qui leur sert d'« agence de rendez-vous » et qui perçoit une petite commission en échange.

Qu'elles soient indépendantes ou non, la vie des geisha est partagée avec tout le hanamachi : à chaque occasion importante (début et fin de l'apprentissage, "mizuage" etc.), une geisha fait le tour de son hanamachi et annonce la nouvelle aux patrons des maisons de thé en leur offrant de la nourriture ou des cadeaux. Généralement, une cérémonie a également lieu dans la maison de thé habituelle de la geisha.
Les geisha forment souvent de véritables « lignées ». En effet, chaque jeune fille désirant devenir geisha doit pour cela se trouver une « grande sœur » ("onee san"), elle-même geisha et plus âgée qu'elle, qui lui enseigne le métier, l'emmène à ses rendez-vous, et touche en contrepartie un pourcentage des gains de sa « petite sœur » durant l'apprentissage.
La « grande sœur » et la « petite sœur » se lient lors d'une cérémonie appelée "san san ku do", au cours de laquelle elles boivent trois gorgées dans trois coupes de "sake". Cette cérémonie est également un moment clé du mariage traditionnel japonais, elle symbolise la création d'un lien entre deux personnes. La « petite sœur » se choisit à ce moment un nom de geisha, sur les conseils de son "onee san". Elle prend généralement un nom dont la racine est la même que celui de son oneesan : ainsi, la petite sœur d'une geisha nommée Ichiume pourra prendre le nom d'Ichigiku par exemple.

Une geisha, pour augmenter ses gains ou devenir indépendante, a besoin d'un protecteur, nommé "danna", un homme riche qui lui fait divers cadeaux, ce qui ne le dispense pas de payer les prestations de la geisha au tarif normal. La geisha et son danna se lient au cours d'une cérémonie analogue au "san san ku do". Il est possible qu'une geisha ait des relations plus ou moins suivies avec des hommes qu'elle a rencontrés, mais ces relations sont généralement discrètes, car la réputation d'une okiya pâtirait du mauvais comportement de ses geisha. Les geisha sont censées être célibataires, et celles qui se marient abandonnent leur métier.

Les geisha qui mettent un terme à leur carrière organisent une cérémonie d'adieu, le "hiki hiwai", au cours de laquelle elles offrent du riz bouilli à leur onee san et à leur okâ san.
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